Taux de conversion LPP : tout ce que vous devez savoir

31 octobre 2023 0 Par swiss-serenity

Le taux de conversion LPP est régulièrement cité dans les actualités parce qu’il a fait l’objet d’une révision importante au cours de ces dernières années. Il s’agit d’une thématique complexe qui est très discutée par les hauts responsables et les politiques. Il mérite toute l’attention des futurs retraités qui veulent connaître leurs revenus à la vieillesse.

Il est primordial de bien comprendre le fonctionnement du taux de conversion LPP parce qu’il permet de calculer la rente de vieillesse mensuelle que vous pouvez percevoir une fois à la retraite. Votre expert en 2e pilier en Suisse vous éclaire sur le sujet et vous informe sur les changements opérés dans le cadre des récentes réformes.

I- Le taux de conversion LPP : qu’est-ce que c’est exactement ?

Le taux de conversion est un facteur en pourcentage qui sert à convertir le capital cumulé jusqu’à la date de départ en retraite. L’avoir vieillesse est converti en rente garantie à vie. Par exemple, pour un homme de 65 ans qui part à la retraite en 2023, le taux de conversion applicable sur la partie sur-obligatoire de son avoir vieillesse est de 5,4 %. Ainsi, si le capital épargné s’élève à 1 000 000 CHF, la rente de vieillesse annuelle sera de 54 000 CHF.

Les caisses de pension sont nombreuses à appliquer un taux de conversion unique pour la totalité de l’avoir de vieillesse. Il s’agit d’un taux de conversion « enveloppant » ou « global ». Lorsque les taux de conversion sont appliqués sur la part obligatoire et sur la part sur-obligatoire, il s’agit d’un taux de conversion splitté ou séparé.

Note : Tout savoir sur la LPP

II- Des facteurs qui influent sur la prévoyance professionnelle

Outre le taux de conversion LPP, le montant de cette rente varie également en fonction de l’espérance de vie, les prestations de survivants et le taux d’intérêt technique.

1- Une espérance de vie élevée en Suisse

La Suisse est le 12e pays avec l’espérance de vie la plus élevée. L’Office Fédéral de la statistique précise que dans les années 1990, les personnes qui partaient à la retraite à l’âge de 65 ans vivaient en moyenne pendant 15 ans, soit jusqu’à 80 ans. Aujourd’hui, cette espérance de vie a augmenté à 20 ans. L’âge moyen de décès est estimé à 85 ans en Suisse. Ainsi, pour que les organismes de prévoyance, puissent s’acquitter de la rente de vieillesse jusqu’au décès des assurés, ces derniers doivent épargner plus ou sur une durée plus longue pour se constituer un capital suffisant.

2- Les prestations de survivants

L’Assurance-vieillesse et survivants prévoit le versement d’une rente de survivants aux personnes qui perdent leur mari, leur épouse, leur père ou leur mère. En cas de décès d’un proche, un montant préalablement défini est versé de manière régulière en guise d’aide financière. Trois types de rente de survivants sont prévus : la rente d’orphelin, la rente de veuve et la rente de veuf.

Ces différentes rentes sont accordées aux proches de l’assuré dès qu’il a cotisé à l’AVS pendant au moins une année ou lorsque sont conjoint a cotisé pour elle pendant au moins un an. Il faut noter que toutes les personnes qui travaillent ou qui vivent en Suisse sont en principe assurées à l’AVS. Pour bénéficier de ces prestations, il faut remplir des conditions bien définies.

3- Le taux d’intérêt technique

Le taux d’intérêt technique est un système de rémunération annuelle appliqué sur le capital disponible afin que celui-ci soit suffisant à la retraite. C’est une mesure arithmétique qui varie en fonction de l’évolution économique et des rendements futurs des marchés financiers. Le taux d’intérêt technique est défini de sorte qu’il soit durablement inférieur au rendement du capital effectivement obtenu, en prenant une marge.

Ainsi, lorsque des excédents sont réalisés, ils sont distribués aux assurés. Cependant, il arrive aussi que des pertes soient enregistrées : à ce moment-là, les responsables appliquent un subventionnement croisé entre les assurés actifs et les personnes qui perçoivent déjà une rente.

4- Le taux de conversion

Le taux de conversion varie en fonction de l’espérance de vie de l’assuré, mais aussi du taux d’intérêt technique et des prestations de survivants. Lorsque la durée de vie est longue, le rendement du placement effectué est faible et le taux de conversion sera également faible. Dans le cas contraire, le rendement du placement et le taux de conversion sont plus élevés. Il faut comprendre que le taux de conversion n’est applicable qu’à l’avoir vieillesse LPP.

III- À combien s’élève le taux de conversion ?

Pour optimiser la répartition du capital cumulé, les Retraites Populaires subdivisent l’avoir vieillesse en deux : la part obligatoire et la part sur-obligatoire. Cette méthode appelée « splitting » consiste à appliquer des taux de conversion différents à chaque part.

Le taux de conversion LPP applicable à la partie obligatoire de l’avoir vieillesse ou minimum LPP, à l’âge de départ en retraite de l’AVS (64 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes), est de 6,8 %. Cependant, si la réforme des retraites qui prévoit son abaissement est validée au printemps 2024, le taux de conversion sera de 6 %.

Le taux de conversion applicable à la partie sur-obligatoire de l’avoir vieillesse, versée par les Retraites Populaires Fondation de prévoyance et de Retraites Populaires Fondation de prévoyance complémentaire, est abaissé de manière progressive depuis 2019, pour passer de 6,8 % à 4,8 % en 2026 pour un homme qui part en retraite à 65 ans et à 4,69 % pour une femme qui prend sa retraite à 64 ans.

  • Pour un homme de 65 ans, le taux est de 5,4 % en 2023 ; 5,2 % en 2024 ; 5 % en 2025 et 4,8 % en 2026 ;
  • Pour une femme de 64 ans, le taux est de 5,25 % en 2023 ; 5,084 % en 2024 ; 4,830 % en 2025 et 4,69 % en 2026.

IV- Comment calcule-t-on le montant de la rente de retraite ?

Lorsqu’un assuré atteint l’âge de départ à la retraite, le montant de sa rente est calculé à partir de la totalité de son avoir vieillesse et du taux de conversion applicable à la partie obligatoire, ainsi qu’à la partie sur-obligatoire. Un exemple concret va vous permettre de mieux comprendre :

André aura 65 ans en 2024 et prépare son départ en retraite. Il a cumulé un avoir de vieillesse total de 400 000 CHF. La part obligatoire de cet avoir de vieillesse s’élève à 240 000 CHF et la part sur-obligatoire est de 160 000 CHF.

Note : Comment choisir entre la rente ou capital ?

1- Calcul de la rente annuelle sur la part obligatoire de l’avoir

La part obligatoire de l’avoir s’élève à 240 000 CHF. Ainsi, pour obtenir la rente correspondante, il faut appliquer le taux de 6,8 % ou 6 % si la réforme de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP21).

  • Ainsi, nous obtenons soit : 240 000 x 6,8 % = 16 320 CHF
  • Soit : 240 000 x 6 % = 14 400 CHF

2- Calcul de la rente annuelle sur la part sur-obligatoire de l’avoir

La part sur-obligatoire de l’avoir de vieillesse est de 160 000 CHF. Le taux prévu pour l’année 2024 est de 5,2 %.

Rente annuelle sur la part sur-obligatoire = 160 000 x 5,2 % = 8 320 CHF

3- Montant total de la rente annuelle sur l’avoir de vieillesse

Pour connaître le montant total de la rente annuelle qu’André va percevoir, il faut additionner la rente annuelle sur la part obligatoire et la rente annuelle sur la part sur-obligatoire.

  • Rente annuelle totale = 16 320 + 8 320 = 24 640 CHF

Si la réforme en cours est validée au printemps 2024, André touchera une rente annuelle totale de :

  • 14 400 + 8 320 = 22 720 CHF

V- Comment améliorer ses revenus à la retraite ?

Compte tenu des changements opérés à cause de l’augmentation de l’espérance de vie, les assurés qui cotisent à l’AVS seront tenus de payer plus pour toucher une plus petite rente de vieillesse. Il est alors vivement recommandé de prendre les dispositions adéquates pour améliorer ses revenus à la retraite. Vous pouvez faire un rachat dans votre caisse de pension et souscrire un 3e pilier pour augmenter vos revenus à la retraite.

1- Rachat d’années pour combler les lacunes de prévoyance professionnelle

Les personnes salariées peuvent faire des rachats d’années de cotisation lorsque leur institution de prévoyance professionnelle de vieillesse le leur permet. Elles peuvent faire un rachat d’années à travers un versement volontaire afin de combler partiellement ou totalement les lacunes de leur prévoyance professionnelle. Cette démarche est idéale pour optimiser le 2e pilier. Le montant du rachat va être ajouté au capital épargné et va améliorer le montant de la rente de vieillesse. Les versements effectués sont exonérés d’impôt.

2- Retrouver vos avoirs égarées pour les faire fructifier

Swiss Serenity met à votre service un outil qui vous permet de rechercher tous vos avoirs égarés. Une fois retrouvées, nous vous proposons de les faire fructifier pour prévoir une meilleure retraite !