La déduction de coordination de la prévoyance : qu’est-ce que c’est ?

La déduction de coordination de la prévoyance : qu’est-ce que c’est ?

Retrouver mes avoirs gratuitement
Sommaire
Auteur
Date
05-03-2026
Retrouver mes avoirs gratuitement

La bonne organisation de la prévoyance retraite en Suisse repose sur la déduction de coordination. En effet, la déduction de coordination est un élément crucial pour le 2ème pilier (LPP). Pour connaître quelle est la partie de votre salaire qui est assurée dans le 2ème pilier, vous devez bien comprendre ce qu’est la déduction de coordination. Il s’agit d’un point important qu’il faut bien examiner avant de partir à la retraite (ou même bien avant pour optimiser son avoir de vieillesse).

Comprendre la nécessité d’une déduction de coordination

L’AVS (Assurance-Vieillesse et Survivants) et la LPP (La Prévoyance Professionnelle) sont les deux principaux piliers qui assurent un bon niveau de revenus aux retraités suisses. L’employeur défalque les cotisations du salaire, puis les reverse à l’AVS et à la caisse de Prévoyance Professionnelle (LPP).

Le principe est simple : il ne doit pas y avoir de cotisations en double. C’est à ce moment-là que la déduction de coordination entre en jeu. Ce système permet de prélever des cotisations pour la prévoyance professionnelle (2ème pilier), uniquement sur les éléments de salaire qui ne sont pas encore assurés au titre du premier pilier. Ainsi, les éléments de salaire ne seront pas assurés une seconde fois.

Déduction de coordination : comment la calcule-t-on ?

Selon la règle de calcul, le premier pilier assure en moyenne 7/8 (sept-huitième) de la rente AVS maximale. Depuis le 1er janvier 2025 (montant maintenu en 2026), le montant de la déduction de coordination s’élève à 26 460 CHF. C’est le montant qui est déduit du salaire annuel brut à la caisse de Prévoyance Professionnelle (LPP) ou de 2ème pilier.

Comprendre ce qu’est le salaire coordonné

Le salaire coordonné correspond à la différence entre le salaire annuel brut et la déduction de coordination. En 2026, le salaire minimum coordonné s’élève à 3 780 CHF et le salaire maximum coordonné est de 64 260 CHF.

Par exemple, si Mr Vidmer gagne 65 000 CHF par an, 26 460 CHF vont être déduits de ce salaire annuel brut à titre de déduction de coordination. Son salaire coordonné s’élèvera alors à 38 540 CHF (65 000 – 26 460) qui sera alors la base de calcul des cotisations LPP et des prestations de la Caisse de Prévoyance Professionnelle (2ème pilier).

L’employeur a-t-il le droit de ne pas tenir compte de la déduction de coordination ?

Les prérogatives de l’employeur ne lui permettent pas de faire des modifications dans les régimes de retraite. En effet, seule l’institution de prévoyance professionnelle peut enclencher une procédure en vue de changer les dispositions en vigueur.

Il faut comprendre que ce ne sont pas toutes les institutions qui prévoient une déduction de coordination dans leur règlement ou dans leur plan de prévoyance. Lorsque la déduction de coordination n’est pas appliquée, le montant du salaire assuré est beaucoup plus élevé et les employés perçoivent des prestations plus avantageuses.

Ainsi, il est possible pour les entreprises de choisir leurs plans de prévoyance professionnelle en travaillant avec des experts spécialisés dans le domaine. Il est possible d’opter pour une solution avec ou sans déduction de coordination.

Il est vivement recommandé d’adapter la prévoyance sociale à la charge de travail et aux revenus. Que les employés perçoivent des revenus élevés ou qu’ils travaillent à mi-temps, il est toujours possible de personnaliser les prestations de la caisse de pension pour qu’elles soient attrayantes en matière de prévoyance professionnelle. Lorsque les entreprises présentent des conditions intéressantes, elles attirent et fidélisent plus facilement les meilleurs talents.

Prévoyance professionnelle : la part obligatoire et la part surobligatoire

Pour les employés qui perçoivent des salaires élevés, d’autres éléments doivent être pris en compte. Les prévoyances professionnelles comprennent une part obligatoire et une part surobligatoire. La loi définit un plafond pour le salaire annuel (90 720 CHF en 2026) qui doit être assuré dans l’institution de prévoyance obligatoire.

En cotisant plus, l’employé percevra une rente plus élevée. Ainsi, l’employé qui gagne un meilleur salaire devrait discuter avec le responsable de son entreprise pour améliorer sa prévoyance professionnelle. En effet, l’employeur peut mettre en place un plan de prévoyance qui tient compte d’une rémunération plus élevée.

À ce moment-là, les cotisations supplémentaires seront déduites du salaire pour la part surobligatoire de la prévoyance professionnelle. Il faut noter que la part surobligatoire est facultative, cependant, elle permet d’améliorer le montant de la rente de vieillesse et des prestations de prévoyance (décès-invalidité). Ainsi, la part surobligatoire vous assure un meilleur niveau de vie à la retraite.

À combien se chiffrent les salaires coordonnés minimum et maximum ?

En 2026, les seuils ont été ajustés pour refléter l'évolution des rentes :

  • Le salaire coordonné minimal s'élève à 3 780 CHF.
  • Le salaire coordonné maximal s'élève à 64 260 CHF.

À combien s’élève le montant de coordination en 2026 ?

Le montant de coordination à soustraire du salaire déterminant pour connaître le salaire coordonné est égal à 7/8 (sept-huitième) de la rente AVS maximale, soit 26 460 CHF.

D’autres circonstances particulières qu’il faut considérer

Les personnes qui travaillent à temps partiel ou qui perçoivent des revenus élevés sont des cas particuliers. Elles doivent prendre des décisions pendant leur carrière afin de garder un bon niveau de vie, une fois à la retraite, et éviter les lacunes de cotisation.

Des précautions à prendre en cas de travail à temps partiel

Il faut noter que le fait de travailler moins réduit les revenus perçus. En 2026, il faut au moins un salaire annuel de 22 680 CHF pour être assuré auprès d’une caisse de Prévoyance (seuil d'entrée LPP). Ainsi, avec un salaire inférieur à ce plafond, vous ne payez pas de cotisations obligatoires et vous ne bénéficierez pas de rente au 2ème pilier.

Un emploi à hauteur de 60 % du temps plein au moins

Si vous ne cotisez pas à la Caisse de Prévoyance Professionnelle, vous ne toucherez que la rente AVS (dont la minimale est de 1 260 CHF en 2026), une somme qui ne couvre souvent pas les charges courantes. Ainsi, il est recommandé de travailler au moins à 60 % d’un poste à temps plein afin d’atteindre le montant minimum pour cotiser, même si le salaire perçu est faible.

À lire aussi : LPP en rente ou capital ?

Que doivent faire les employeurs ?

Les employeurs qui ont des salariés à temps partiel peuvent définir la déduction de coordination en tenant compte du taux d’occupation ou de ne pas cotiser tout simplement en y renonçant. Ce système va permettre d’augmenter les revenus assurés et les employés pourront cotiser davantage pour disposer d’avoirs de prévoyance plus élevés. Il faut également savoir qu’il est possible de réduire le salaire minimum ou le seuil d’entrée qui permet de cotiser à la caisse de prévoyance professionnelle.

Des lacunes de prévoyance chez les femmes

Le travail à temps partiel concerne encore une majorité de femmes en Suisse. Des lacunes de prévoyance sont ainsi décelées et exposent les personnes concernées à une baisse de revenus importante à la retraite. Pour éviter de perdre leur pouvoir d’achat, il est conseillé de discuter avec l'employeur pour abaisser la déduction de coordination au prorata du taux d'activité.

Il est également possible de souscrire à un 3ème pilier pour se constituer une prévoyance privée. Cette solution permet de réaliser des économies d'impôts et d'optimiser sa situation financière, notamment via les nouveaux rachats rétroactifs possibles dès 2026.

Hauts revenus : pensez à assurer votre salaire brut réel

Si le plan de prévoyance ne tient compte que du minimum légal, la portion des revenus au-dessus de 90 720 CHF n’est pas assurée. Pour éviter les pertes financières en cas de vieillesse, de décès ou d’invalidité, l’employeur peut définir le salaire brut réel comme base de calcul, jusqu'au plafond de 907 200 CHF par an (10 fois le plafond LPP).

Swiss Serenity

Rédigé par Swiss Serenity

Articles les plus lus